Certaines personnes pourraient trouver dans l'extrait ci-dessous une mauvaise foi évidente et un but affiché de tourner en ridicule les analyses tirées par les cheveux que l'on s'exerce, tant bien que mal, à essayer de comprendre et reproduire dans le but de décrocher à un professeur sadique la précieuse note qui fera bondir notre moyenne vers les sommets merveilleux de la moitié d'une bonne note*. N'empêche que je trouve qu'en plus d'être drôle, cet extrait n'est pas dépourvu d'un certain bon sens... mais cela ne regarde que moi, of course.
___"Nous sommes devant notre poste de télé, [...] en train de savourer l'émission "les Bonnes Lectures". M. Pierre Dumarteau, l'animateur, se fait expliquer par un futur ancien auteur à insuccès pourquoi le Régis de son dernier roman regarde les jambes de la bonne du dessus. Et le romancier, au lieu de dire que son héros matait les guitares de la môme, tout bêtement parce qu'elles étaient bien fichues, explique que Régis obéit à une impulsion délibérée car c'est un égocentrique à changement de vitesse dont les réflexes conditionnés découlent d'une hérédité bivalente et que ce ne sont pas les jambes de la soubrette en elles-mêmes qui l'attirent, mais les poils follets qui les recouvrent et qui lui rappellent irrésistiblement les moustaches de sa nourrice.
___M. Dumarteau déclare que c'est bien ainsi qu'il avait compris l'affaire, et il demande à l'écrivain si, dans son esprit, les poils en question sont blonds ou bruns. L'interviewé répond qu'ils sont châtains, ce n'est pas non plus pour surprendre M. Dumarteau, lequel cite une phrase de la page 28 : "elle avait toujours aimé les marrons glacés". Il demande à l'auteur si, dans son subconscient, cette allusion aux marrons n'est pas une transposition de châtaigne d'où dérive le mot châtain. Et le romancier rougit en se voyant démasqué jusque dans ses plus arrière-pensées.
San-Antonio, San-Antonio met le paquet
* en ce qui me concerne